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Mots du médiateur N° 12/2025
1 Mr Parfait SOUNOUVOU Médiateur inscrit auprès de la cour d’appel de Paris Tel:+33 6 72 77 80 79 22 Bis Grande rue
91850 Bouray sur juine Email: mediateurs-idf@outlook.fr Siret: 839 120 689 00015 www.reflexe-mediateurs-idf.com
Bien que l’humain moderne maîtrise des technologies avancées, conçoive des
modèles économiques innovants et progresse en intelligence artificielle, il reste
souvent confronté à des difficultés lorsqu’un conflit éclate au sein d’une équipe,
d’une famille ou d’une classe : la communication se bloque, les tensions montent et
les relations peuvent se détériorer. Pendant ce temps, les singes savent réagir
efficacement aux désaccords. Ils prennent rapidement contact, s’apaisent
mutuellement et restaurent leurs liens. Chez les primates, les stratégies pour réparer
un conflit diffèrent selon les circonstances et les relations, mais c’est toujours le
maintien du lien social qui prévaut.
Qu’est-ce qui explique une telle divergence entre humains et primates ?
Si l’humain se distingue des autres primates, ce n’est pas tant par une intelligence
relationnelle supérieure que par le développement d’un ego complexe. Là où les
singes réagissent surtout à la relation et au lien, l’humain ajoute une couche
symbolique : l’image de soi, le statut, la peur de perdre la face. Cet ego, omniprésent
dans les interactions sociales, vient souvent perturber les mécanismes spontanés de
régulation des conflits et en ralentir la résolution.
Il existe trois mécanismes fondamentaux, que la psychologie permet de mieux
comprendre et qui expliquent pourquoi les conflits humains se bloquent si
facilement.
Quand le désaccord devient un jugement
Contrairement aux humains, les singes ne considèrent pas les conflits comme un
jugement de leur valeur personnelle. Chez l’humain, les désaccords sont souvent
gênés par la peur de perdre la face, d’admettre ses torts ou de paraître faible. Notre
ego symbolique, qui cherche à préserver l’image que nous avons de nous-mêmes,
prend alors le dessus sur la relation, surtout si le conflit menace notre intégrité. Selon
la psychologie sociale, nous sommes influencés par des biais cognitifs tels que la
menace pour l’estime de soi ou le besoin constant d’avoir raison. Les singes n’ont
pas de récit identitaire aussi élaboré que celui des humains : ils agissent avant tout
pour rétablir l’harmonie du groupe, sans que leur propre valeur soit remise en
question.
Tant que l’enjeu est vécu comme une menace pour l’image de soi, la relation passe
automatiquement au second plan.
Mots du médiateur N° 12/2025
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Dans ce registre, l’échange n’est plus traité comme une tentative de compréhension,
mais comme une évaluation implicite de valeur personnelle. Les propos de l’autre
sont filtrés à travers une logique défensive : ce qui pourrait éclairer est perçu comme
une attaque, et la discussion se transforme en mécanisme de protection identitaire
plutôt qu’en espace d’éclaircissement. Que peut offrir un tiers médiateur
Plutôt que de clarifier immédiatement les positions, il convient d’observer d’abord si
l’interaction est vécue comme une conversation ou comme un jugement implicite.
L’évitement empêche l’apprentissage
Chez les singes, les compétences relationnelles se transmettent principalement par
observation et interaction répétée au sein du groupe. Les comportements
d’apaisement, de rapprochement et de réparation ne font pas l’objet d’un
apprentissage formel : ils sont intégrés par observation, répétition et immersion dans
la vie du groupe. Le conflit n’est pas traité comme une anomalie à masquer, mais
comme une interaction ordinaire dont on observe les effets et les régulations. Cette
exposition continue permet une transmission silencieuse mais efficace des
compétences relationnelles.
Chez l’être humain, ce mécanisme s’est atténué au fil du temps. Les conflits sont
souvent ignorés, déplacés ou gérés à l’écart du groupe. L’apprentissage collectif ne
devient réel que lorsqu’exprimer un désaccord ne met pas en danger les relations ou
le statut des individus concernés. Cette prise de distance donne l’impression d’un
environnement sécurisé, mais prive le groupe de la possibilité de comprendre
comment naissent, évoluent et se résolvent les tensions. Ainsi, lorsqu’ils sont
systématiquement évités, les conflits ne s’effacent pas : ils deviennent simplement
moins visibles.
Lorsque les conflits sont systématiquement traités en coulisses, ils cessent
d’alimenter l’apprentissage collectif et produisent des zones aveugles relationnelles.
Dans ce contexte, chacun doit composer seul avec les tensions, sans repères
communs ni modèles observables. Les ajustements relationnels deviennent
improvisés, discontinus et rarement partagés. Le savoir relationnel ne se construit
plus par exposition et imitation, mais se fragmente en expériences isolées, souvent
réinterprétées a posteriori, une fois le lien déjà affaibli.
Avec les groupes, mon attention se porte souvent, après coup, sur ce qui n’a jamais
été mis en commun, mais qui a pourtant structuré les tensions.
Mots du médiateur N° 12/2025
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Quand la solution passe avant la relation
Les singes savent instinctivement que la cohésion du groupe est plus importante que
les résultats individuels. Leur priorité est de maintenir l’équilibre collectif, car la survie
en dépend. Chez l’humain moderne et surtout dans le monde occidental, on a
inversé cette logique : on tolère les tensions tant que les résultats sont là. On mise
sur la performance, même au prix des relations. Pourtant, la psychologie et les
neurosciences nous rappellent que l’être humain est profondément relationnel.
Un groupe divisé devient vulnérable, même s’il performe à court terme.
Une équipe peut produire des résultats tout en se fragilisant silencieusement, lorsque
le lien est traité comme une variable secondaire.
Dans ce contexte, les indicateurs de performance cachent les signaux relationnels
faibles. La détérioration des relations avance discrètement tant qu’elle n’affecte pas
les résultats, puis la performance devient instable, révélant un problème qui s’est
installé progressivement.
Traiter le conflit comme une menace pour les liens relationnels avant de le traiter
comme un problème à résoudre.
Conclusion
Même lorsque ces mécanismes sont connus, ils demeurent difficiles à corriger, parce
qu’ils s’activent précisément dans les moments où l’accès à la lucidité est le plus
réduit. Sous tension, le cerveau ne fonctionne plus comme un système réflexif, mais
comme un système de protection.
La référence aux singes ne vise pas une comparaison stricte entre espèces, mais
sert de point d’appui pour éclairer, par contraste, certaines dynamiques humaines. La
référence aux singes n’invite pas à un retour à des formes de simplicité naïve ; elle
sert de miroir. Elle met en évidence ce que l’humain complique lorsqu’il oublie
que la préservation du lien a toujours constitué l’un des fondements essentiels
de toute vie collective.
Références
DE WAAL, Frans BM et DE WAAL, F. B. M. Peacemaking among primates. Harvard
University Press, 2009.
NEWMAN, Alexander, DONOHUE, Ross, et EVA, Nathan. Psychological safety: A systematic
review of the literature. Human resource management review, 2017, vol. 27, no 3, p. 521-535.
SHERMAN, David K. et COHEN, Geoffrey L. The psychology of self‐defense: Self‐affirmation
theory. Advances in experimental social psychology, 2006, vol. 38, p. 183-242.
A Jean POITRAS Ph.D. Psychologue, professeur titulaire et expert en gestion des conflits
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